Tunisie : les raisons de la révolte
C’est la mort en ce début janvier 2011 d’un jeune tunisien, Mohamed Bouazizi, qui s’était immolé le 17 décembre à Sidi Bouzid, qui a joué le vrai rôle de déclencheur dans la révolte sociale et politique, qui bouleverse aujourd’hui la Tunisie.
Au cours des dernières semaines, les manifestations se sont multipliées, donnant lieu à de nombreux affrontements avec la police. Le pouvoir fait part de 23 morts lors des émeutes, tandis que les syndicats et les ONG en dénombrent près de 50.
Mais les raisons de la révolte sont très profondes ; elles se trouvent dans les injustices sociales qui perdurent, le taux de chômage toujours élevé (en particulier dans la population des jeunes diplômés), et dans un sentiment diffus de société « bloquée ».

Carte des manifestations en Tunisie
Source : Aljazeera. Pour accèder à la carte interactive, cliquez ici.
La Fédération Internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) dénonce également "le musellement de la société civile, des médias indépendants et des partis politiques", qui ne laisse place à aucune possibilité de changement.
Ainsi, la police tunisienne a récemment refusé l’accès des journalistes à la conférence de presse que devait organiser le Parti démocrate progressiste.
Aujourd’hui, 12 janvier, l’armée quadrille Tunis. Des unités d'intervention spéciales ont été chargées de surveiller les places publiques et les différentes institutions étatiques. Le président Ben Ali a annoncé quelques mesures visant à calmer la population : le limogeage du ministre de l’Intérieur, la libération des personnes arrêtées depuis le début des troubles, et la création d’un comité "contre la corruption".
Mais il y a fort à parier que ces annoncent ne calmera en rien la vague de colère qui submerge aujourd’hui le pays.
La (FIDH) a, de son côté, appelé ce jour à la création d’une commission d’enquête internationale sur la répression sanglante des manifestations en Tunisie.
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