La notion d’aide au développement est apparue aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale. Elle désigne initialement une logique d’endiguement du communisme en Europe. Le principal instrument alors mis en place est le Plan Marshall.
A partir des années 1960 cependant, cette aide prend un nouveau tournant : dans le cadre de la décolonisation, les pays du Nord anciens colonisateurs accordent de l’aide aux pays du Sud dans une logique d’influence géopolitique.
L’aide est alors un instrument public : elle permet notamment de financer des secteurs considérés comme étant d’intérêt général : la santé, l’éducation, les infrastructures, mais aussi dans certains cas, des régimes oppressifs ou des guerres civiles (à travers l’armement).
L’Aide Publique au Développement (APD), telle qu’on la nomme officiellement, évolue fortement à partir du début des années 1990. De nombreux nouveaux acteurs interviennent dans le secteur de l’aide, réduisant l’APD à la portion congrue.
Aide privée (fondations, ONG, etc.), partenariats publics-privés, investissements directs à l’étranger (IDE), flux de migrants, ou nouveaux instruments de marché (capital risque, mécanismes de garantie, etc.) jouent désormais un rôle majeur dans l’aide au développement.
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L'aide publique au développement comprend, selon la définition de l'OCDE, "les apports [dons, prêts préférentiels...] aux pays et territoires recensés dans la liste des bénéficiaires de l’APD établie par le CAD (consultable ici) ainsi qu’aux institutions multilatérales de développement" (plaquette institutionnelle du Comité d'Aide au Développement).
Dans les années 1950, les flux Nord-Sud se composent à 70% de fonds publics et de 30% de fonds privés. C’est pourquoi les Nations Unies fixent aux pays donateurs le taux de 0,7% de leur revenu à verser en APD. On considère en effet que chaque pays donateur doit contribuer à hauteur de 1% de son revenu : 0,7% viendra donc du public et 0,3% de l’investissement privé.
Toutefois, les années 1980 et encore plus 1990, marquées par une forte mondialisation ont considérablement changé la donne, l’investissement privé devenant majoritaire. Cette évolution n’est pas sans conséquence sur le développement puisque les secteurs concernés par l’investissement privé ne sont pas nécessairement les biens publics.
Suite à la Conférence de Monterrey de 2002, les pays donateurs ont pris conscience de l’importance de relancer l’APD. Tombé à 0,2 % au tournant des années 2000, le taux de revenu national consacré à l’aide est peu à peu relancé. Toutefois, la crise mondiale entamée en 2007 ré-ouvre une période difficile pour l’APD, bien que de nouveaux outils innovants (telle la taxe sur les billets d’avion, les partenariats publics-privés sur la santé) constituent un intéressant renouveau.
► Voir les chiffres de l'APD en 2010
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